Le 1er octobre est la date butoir des prochaines élections provinciales. Tout un chacun aura à se pencher sur qui représentera les Québécois pour les quatre prochaines années. Dans le cadre de cette campagne, les Agricultrices du Québec souhaitent mettre en avant-plan certains enjeux touchant les familles agricoles.

 

Le travail invisible

En 2016, les femmes comptaient pour 26 % de l’ensemble des propriétaires et copropriétaires d’entreprises agricoles au Québec, soit près de 11 000 agricultrices. Une étude du MAPAQ (Les Agricultrices, qui sont-elles?, 2008) estime aussi à 11 230 femmes qui consacrent des heures de travail dans l’entreprise de leur conjoint sans en être propriétaire.

Ces femmes réalisent plus de 108 millions de dollars par année de travail non rémunéré au sein des entreprises agricoles.

Les Agricultrices demandent au gouvernement du Québec de documenter ce phénomène et de mettre en place des crédits d’impôt pour les femmes non propriétaires qui effectuent bénévolement des tâches dans les entreprises agricoles québécoises.

 

L’accès au service de garderie et sécurité à la ferme

La ferme constitue à la fois un milieu de travail et un milieu de vie pour les adultes et enfants qui y passent une bonne partie de leur temps. Moins de la moitié des familles agricoles utilisent un service de garde. La plupart décident de garder les enfants directement à la ferme malgré les enjeux de sécurité que cela implique.

En zone rurale, 25 % des familles doivent parcourir plus de 10 km pour accéder au service de garde le plus près et les horaires sont mal adaptés à la réalité de la traite.

Les Agricultrices demandent au gouvernement du Québec de faciliter l’accès aux services de garde en région et d’adapter les heures d’ouverture aux travailleurs et travailleuses jonglant avec des horaires atypiques.

 

L’accès au financement agricole pour la relève féminine de plus de 40 ans

Dans le monde rural, les femmes sont généralement les premières à céder leurs parts à leurs enfants dans un contexte de transfert de ferme. Ces dernières souhaitent demeurer actives sur le plan professionnel et possèdent un bagage important en tant qu’agricultrice.

Toutefois, après l’âge de 40 ans, ces cédantes n’ont plus accès à la prime à l’établissement lorsqu’elle décide de racheter ou de démarrer une nouvelle entreprise agricole.

Les Agricultrices demandent au gouvernement du Québec de faciliter l’accès au financement agricole pour les femmes de plus de 40 ans, sans toutefois compromettre les sommes réservées pour l’établissement à la relève agricole.

Pour terminer cette chronique, les Agricultrices du Québec vous incitent fortement à aller voter le 1er octobre prochain.